Pour Narendra Modi, la catastrophe sanitaire annonce l’heure des comptes

Il y a 1 semaine 22
Inde.
Le Premier ministre indien Narendra Modi, lors d’un meeting électoral dans le Bengale-Occidental, le 10 avril 2021.   PHOTO / DIPTENDU DUTTA / AFP

Des contaminations qui s’emballent, des pénuries de médicaments et d’oxygène, les hôpitaux et les morgues dépassés : l’Inde est terrassée par cette nouvelle vague de Covid-19. Pour le site The Print et le mensuel The Caravan, le dirigeant nationaliste hindou a eu le tort de ne pas écouter les scientifiques et de pratiquer depuis sept ans une politique d’un cynisme absolu. 

La grande crise nationale que traverse l’Inde s’accompagne d’un appel des responsables politiques à l’unité. “Nous devrions tous nous taire. Or, en démocratie, l’analyse et le questionnement ne s’arrêtent pas” par décret, explique Shekhar Gupta, rédacteur en chef du site d’information The Print. Comme tous les dirigeants autoritaires, de Trump à Bolsonaro, en passant par Erdogan et Nétanyahou, Narendra Modi “n’admet jamais un échec, un revers, ou tout ce qui ressemble à une défaite, aussi minime soit-elle”. Le Premier ministre indien fait en sorte de “ne jamais avoir l’air de ciller”. S’il reconnaissait ses erreurs, cela reviendrait à “admettre qu’il est un être humain comme les autres, et non une figure divine”.

L’épidémie de Covid-19 a fait payer aux populations des États-Unis, du Brésil et, jusqu’à récemment, du Royaume-Uni, “le prix de l’excès de confiance de leurs dirigeants”. C’est la même chose aujourd’hui en Inde. Et Narendra Modi en a pris conscience.

Rattrapé par la pandémie

Trois indices montrent que le vent a tourné. Le 18 avril, son prédécesseur de gauche, Manmohan Singh, lui a donné des conseils pour sauver le pays de la catastrophe sanitaire. Dès le lendemain, le

[...]

Guillaume Delacroix

Cet article est réservé aux abonnés

Pour lire les 75% restants

Lire la Suite de l'Article