International Hongrie

Le scrutin portera sur la loi controversée interdisant de « montrer l’homosexualité et le changement de genre » aux mineurs. L’opposition y voit une diversion face à la mise en cause du premier ministre nationaliste dans le cadre du scandale « Pegasus ».

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Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, lors d’une conférence à Budapest, le 9 juin 2021. Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, lors d’une conférence à Budapest, le 9 juin 2021.

« Les bureaucrates de Bruxelles nous menacent »… C’est en ces termes que Viktor Orban, le premier ministre nationaliste hongrois, a annoncé, mercredi 21 juillet, l’organisation d’un référendum sur sa très contestée loi interdisant « de montrer l’homosexualité et le changement de genre » aux mineurs.

Adopté le 15 juin, ce texte, qui assimile l’homosexualité à la pédophilie, a suscité de vives critiques de la Commission européenne, qui a entamé le 15 juillet la première étape d’une procédure de sanction contre Budapest.

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« Bruxelles nous demande des amendements, parce qu’ils ne sont pas d’accord avec le fait que nous ne voulons pas autoriser ce qui est déjà une habitude en Europe de l’Ouest. Là-bas, des activistes LGBT visitent les crèches et les écoles pour y mener des cours d’éducation sexuelle », a dénoncé M. Orban dans une brève vidéo postée sur Facebook.

La loi dite « anti-pédophile » adoptée par le Fidesz, le parti du premier ministre, prévoit notamment d’interdire aux associations homosexuelles d’intervenir dans tous les établissements scolaires, mais aussi d’empêcher la diffusion, auprès de mineurs, de tous les contenus télévisuels, publicitaires ou artistiques « représentant » des homosexuels.

Une copie du référendum sur l’accueil des migrants

La Commission européenne estime que ce texte est contraire à « l’égalité et [au] respect de la dignité et des droits humains qui sont des valeurs fondamentales de l’Union européenne ».

« Un abus de pouvoir », a rétorqué M. Orban dans sa vidéo, en annonçant que cinq questions seraient posées aux Hongrois. Les électeurs devront notamment dire s’ils sont favorables « à la promotion des traitements de changement de sexe pour les enfants », « à l’enseignement de l’orientation sexuelle aux enfants sans le consentement des parents » ou à « l’exposition sans restriction des enfants à des contenus médiatiques à caractère sexuel ». Sans surprise, le premier ministre a appelé à voter non à toutes ces questions pour « stopper Bruxelles ».

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Il n’a pas précisé de date mais le quotidien du pouvoir, Magyar Nemzet, a évoqué « janvier ou, au plus tard, février [2022] ». Soit juste avant les prochaines élections législatives, prévues pour avril 2022. Le héros de l’extrême droite européenne n’a pas caché qu’il copiait, avec ce référendum, celui qu’il avait organisé en 2016 sur la question de l’accueil des migrants, à une époque où la Commission européenne avait ouvert une procédure de sanction contre le refus hongrois d’accueillir des demandeurs d’asile sur son sol.

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