Manchester City – PSG : « On a été la meilleure équipe pendant 70 minutes »… Paris s’est-il vu trop beau mercredi ?

Il y a 1 semaine 19

Paris a concédé l'ouverture du score sur la toute première occase de City.

Paris a concédé l'ouverture du score sur la toute première occase de City. — Paul ELLIS / AFP
Le PSG a de nouveau été battu par City mardi soir et a dit adieu à ses rêves de titre cette saison en Ligue des champions. Les joueurs parisiens ont pourtant affiché une certaine fierté après les deux matchs livrés face à Pep Guardiola et sa bande. Si le PSG n’a pas été ridicule, loin de là, il semble cependant que la qualification de City ne soit absolument pas volée.

C’est une petite musique que l’on risque d’entendre encore un moment malgré l’élimination du PSG, défait 2-0 par Manchester City mardi soir en demi-finale retour de la Ligue des champions. Celle de la défaite pas méritée ou, plutôt, de la domination pas récompensée. C’est ce que s’est empressé de dire Ander Herrera au micro de RMC dès le coup de sifflet final.

« Je pense qu’on a été la meilleure équipe pendant 70 minutes, on a tout essayé, on a joué, on a attaqué, on a tenu le ballon… On peut rentrer la tête haute. On est triste bien sûr, mais ce n’est pas facile d’être finaliste. Et nous étions encore parmi les quatre meilleures équipes cette saison. On ne doit rien changer de ce qu’on a fait aujourd’hui, on a fait beaucoup de centres, de ballons entre les lignes, on s’est créé des occasions… », a détaillé l’ancien mancunien de United.

Un constat visiblement partagé par Pep Guardiola à l’issue de la double confrontation, sans qu’on sache véritablement ce qui tient de la com sympathique – destinée à ne pas jouer les vainqueurs arrogants – et du pipeau. « C’était un match difficile. Ils ont mis beaucoup de joueurs entre les lignes. C’était bien que Mbappé ne joue pas, parce qu’ils sont inarrêtables dans certaines situations. (…) On a beaucoup souffert en première période, mais le pressing était meilleur en seconde. On a incroyablement bien défendu dans les trente derniers mètres. On est matures, c’est vraiment agréable. »

Un bon début de match de Paris, et puis Florenzi…

C’est vrai qu’à l’heure du premier bilan, il est difficile de dire que le PSG est totalement passé à côté de son sujet pendant un peu plus de 180 minutes. On l’avait dit, au match aller, les Rouge et Bleu avaient peut-être même disputé leur plus belle mi-temps depuis l’arrivée sur le banc de Mauricio Pochettino. Mardi soir, sans aller jusqu’à dire que Paris a fait peur aux Citizens, les hommes de l’Argentin ont pris le match par le bon bout, décidant de presser haut et de mettre d’entrée le pied sur le ballon.

Marquinhos : « Je pense qu’on avait bien commencé, on avait bien débuté le match avec une pression très, très haute. Mais on sait que ce genre de matchs, ça se paye sur les détails. Eux, ils ont tenu, ils ont su bien défendre, on n’a pas profité de nos actions. Ils sont arrivés une fois et ils ont marqué le but du 1-0 qui nous met encore en difficulté. »

Riyad Mahrez a ouvert le score en tout début de rencontre mercredi soir. Riyad Mahrez a ouvert le score en tout début de rencontre mercredi soir. - Paul ELLIS / AFP

Ça valait bien la peine en effet d’avoir pris le thé avec Sir Alex Fergusson avant la rencontre et écouté les conseils du vieux sage si c’est pour se faire ouvrir dans les grandes largeurs dès la 10e minute de jeu. Oui, oui, on parle bien de toi, Florenzi. Pourtant mis au courant par Pochettino lors des longues séances vidéos chères à l’Argentin de la qualité des relances au pied d’Ederson, le latéral italien s’est rendu coupable d’un alignement tout relatif (non, scandaleux) permettant à sur Zychenko de bombarder côté gauche avant que Mahrez ne termine le boulot à l’opposé.

S’il refuse habituellement par principe de pointer du doigt les erreurs individuelles de ses joueurs, mardi, Poché a eu plus du mal à se contenir. « On a fait un cadeau à Manchester City sur une situation qu’on avait anticipée en plus… Derrière, c’est difficile de se reprendre quand on fait de telles erreurs. » La tête de Marquinhos sur la barre aurait pu remettre Paris sur les rails, tout comme la frappe de Di Maria, non-cadrée, alors qu’Ederson avait déserté son but mais à l’arrivée, ça ne pèse pas bien lourd. Difficile en tous cas de parler de franche domination, comme l’ont fait les Parisiens après le match, quand l’équipe n’a pas réussi à cadrer UN TIR de la soirée. En demi-finale de C1, il faut remonter à 2015 et un Bayern-Barça pour avoir trace d’un tel fail.

City n’a pas volé sa qualif

En revanche, tout mettre sur le dos de Florenzi, qui n’était pas un foudre de guerre à son arrivée au club l’été dernier et ne le sera pas non plus en partant, serait malhonnête de notre part. Ce n’est ainsi pas de sa faute si Paris n’a pas cadré le moindre tir (!) de toute la rencontre. Non, sur ce point, l’ex de la Roma a été sagement suivi par pas mal de ses coéquipiers, à commencer par Neymar, qui avait promis avant le match de laisser sa vie à City pour peu qu’il y ait la qualif au bout du tunnel. Le problème avec ce genre de teasing à la sauce Hollywood, c’est qu’il faut assurer un minimum derrière.

Or, mardi, on a eu le côté sombre du Ney, celui qui fonce tête baissée en pensant que sa qualité technique peut à elle seule lui permettre d’ignorer les appels de ses copains. Sauf que la qualité technique du Brésilien, on n’en a pas beaucoup vu la couleur à l’Etihad… On évitera aussi de se pencher sur le cas de Mauro Icardi sous peine de dire des choses qui dépasseraient le fond de notre pensée.

Mbappé fait un meilleur match qu’Icardi.

— Gigg’s (@Giggs_) May 4, 2021

Mais cette analyse des individualités parisiennes, globalement défaillantes mardi soir, tranche aussi avec l’impression de force collective dégagée par cette équipe de City, qui mérite sa qualification haut la main selon le bourreau de Sarcelles, Riyad Mahrez, auteur de trois buts contre Paris. « Je pense que c’est mérité sur les deux matches, on mérite de passer, on a su être efficaces au moment où il fallait. » Et on ne parle pas de son banc de touche, qui a permis à Guardiola en fin de rencontre de faire entrer Sterling, Gabriel Jesus et Agüero quand Pochettino lançait au même moment Dagba, Bakker et Danilo Pereira… A vos souhaits.

« On a lutté jusqu’au bout et on n’a jamais rien lâché, je suis fier de mes joueurs pour cela, tentait tant bien que mal de relativiser l’entraîneur parisien en conférence de presse. Il a manqué le petit pourcentage de chance qu’il faut pour passer à ce niveau-là. Et sur les deux matchs on n’a pas eu de chance. » On ne peut pas tous les jours répéter le hold-up de Munich.

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