Jamie Jones, la fin d'un long calvaire

Il y a 3 semaines 31
Steven Oliveira

Dans de nombreux sports il y a ce que l’on peut appeler un score parfait. Il y a le nine-dart finish en darts qui consiste à réaliser les 501 points en neuf fléchettes. Il y a les 300 points au bowling obtenus après 12 strikes consécutifs. Et le break maximum au snooker. Soit le fait de terminer une frame avec 147 points au compteur après avoir parfaitement alterné à 15 reprises entre la bille rouge et la bille noire d'une valeur de sept points. Une prouesse que seuls 72 joueurs peuvent se targuer d’avoir réussi lors d’un match officiel. Jamie Jones fait partie de ceux-là.

On est alors en août 2018 et malgré la défaite au second tour du Paul Hunter Classic face à Lee Walker, le Gallois entre dans le cercle fermé avec le Chypriote Michael Georgiou, lui aussi auteur d’une frame de 147 quelques heures plus tôt. Finalement, personne n’a été surpris de voir Jamie Jones réussir ce break maximum. Il faut dire que celui qui est surnommé “The Welsh Warrior” a déjà réussi à le faire alors qu’il n’avait que 14 ans, devenant ainsi de manière non-officiel le plus jeune joueur à réussir cet exploit. Un record de précocité battu depuis par Judd Trump.

Jamie Jones en action lors des Championnats du monde

Crédit: Other Agency

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Le spécialiste des centuries

Cette capacité à réaliser des centuries - break de 100 points ou plus -, Jamie Jones l’a toujours eu en lui. À l’image de ses premiers Championnats du monde en 2012. Le Gallois a alors 24 ans et atteint les quarts de finale du tournoi en sortant le champion du monde 2005 Shaun Murphy au premier tour, puis Andrew Higginson au second avant de lâcher les armes face à Ali Carter. En trois matchs, l’ancien champion d’Europe U19 a réussi à compiler 7 centuries. Seul, Ronnie O'Sullivan, vainqueur du tournoi et donc auteur de deux matchs supplémentaires, en a réalisé plus que lui.

Après Shaun Murphy, c’est Mark Selby qui a fait les frais de celui qui a intégré la course à pied à sa préparation physique. C’était lors de la dernière édition de l’Open d’Australie en 2015. Un tournoi qui raconte tout le joueur qu’est Jamie Jones. Capable d’être intouchable comme face à Mark Selby au second tour. Mais surtout capable d’être totalement inconstant au sein même d’une rencontre. Que ce soit en quart de finale face à son ancien pote d’école Michael White où il est mené 4-2 avant de l’emporter 5-4 à l’issue d’une ultime frame où il remonte un déficit de 56 points. Mais surtout en demi-finale où il mène 4-0 contre John Higgins avant de s’incliner 6-4.

La descente aux enfers

Les montagnes russes. Voilà à quoi ressemble une rencontre de Jamie Jones. Ou plutôt voilà à quoi ressemble la vie du Gallois qui a vécu une longue montée vers les sommets avec comme point culminant ce break maximum réalisé en août 2018. “The Welsh Warrior” ne le sait pas encore, mais la suite ne sera qu’une violente descente. Deux mois après ce 147, Jamie Jones est suspendu du World Snooker Tour pour avoir “participé ou facilité au trucage d’un match”. La rencontre en question remonte à 2016 et oppose l’ancien champion du monde Graeme Dott à David John, ami intime de Jamie Jones. Après appel, ce dernier voit sa suspension réduite à un an puisqu’il a été acquitté du trucage du match - contrairement à David John - mais condamné pour avoir été mis dans la confidence et ne pas en avoir informé les autorités compétentes.

Durant son année de suspension, Jamie Jones trouve un emploi en tant qu’agent d’entretien - il tond principalement la pelouse - au sein de son Council. Le Gallois tente alors de se reconstruire, retrouve le sourire avec la naissance de son fils mais ne lâche pas son envie de revenir sur le circuit comme il le confirme dans un post Facebook une fois sa peine purgée : “La pire année de ma vie est désormais derrière moi. Je me sens tellement motivé maintenant après les périodes sombres que j’ai traversées. J’ai hâte de revenir faire ce que je fais de mieux : jouer au snooker”.

Jamie Jones qui prépare son century

Crédit: Imago

Le retour en force

Problème, en manquant la moitié de la saison 2018-2019, Jamie Jones a terminé l’exercice en-dehors du Top 64, perdant ainsi sa place sur le circuit professionnel au moment de son retour de suspension en octobre 2019. Pas de quoi décourager pour autant le Gallois qui repasse par la Q-School, une compétition qui permet de se qualifier pour le circuit professionnel. Et s’il s’incline lors du premier tournoi face à Lee Walker - victime de son break maximum deux ans plus tôt -, il valide son ticket d’or lors du deuxième tournoi, s’imposant au dernier tour face à Michael Georgiou.

De retour sur le circuit professionnel depuis août 2020, Jamie Jones a désormais plusieurs objectifs : se racheter une image et prouver qu’il n’a rien perdu de son snooker. Une mission quasiment accomplie après avoir atteint en décembre dernier les demi-finales de l’Open d’Écosse puis en devenant le joueur le moins bien classé à obtenir son ticket pour les Championnats du monde. Et s’il fallait une preuve que Jamie Jones est toujours le même joueur qu’avant sa suspension, la première partie de son match face à Stephen Maguire - dont la suite est prévue ce samedi à 20h - en est l’illustration parfaite. Mené 3-0, “The Welsh Warrior” a ensuite remporté 5 frames consécutives pour terminer devant à la pause (5-4). Ne reste plus qu’à claquer un century et Jamie Jones sera officiellement de retour.

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