Hospitalisations Covid-19 : les espoirs de l'Institut Pasteur

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 les espoirs de l'Institut Pasteur
Bloomberg / Contributeur / Getty Images

Voit-on le bout du tunnel ? Pas tout de suite, mais les modélisations de l’épidémie de Covid-19 mises à jour par l’Institut Pasteur donnent un peu d’espoir. Alors qu’on dénombre au cours des sept derniers jours plus de 2.100 nouvelles hospitalisations quotidiennes de patients infectés par le Sars-CoV-2 en France, les épidémiologistes anticipent un plateau des admissions à l’hôpital pour les prochains jours. En s’appuyant sur les indicateurs épidémiologiques tels que le taux de positivité, mais aussi la météo et la mobilité des Français, les experts de l’Institut Pasteur prédisent une stabilisation des hospitalisations à l’échelle nationale, ce qui devrait dans un second temps déclencher la décrue.

Et pour cause, le taux de croissance des admissions journalières des cas de Covid-19 à l’hôpital ralentit et se rapproche de 0. Ce début de bonne nouvelle est logiquement lié à la baisse du taux de positivité. Après avoir atteint une moyenne de 40.000 contaminations recensées quotidiennement fin mars-début avril, le nombre de nouveaux cas a depuis diminué, jusqu’à 32.000 cas quotidiens sur sept jours glissants. Si les choses se passent comme lors des deux précédentes vagues épidémiques, un décalage d’une à deux semaines est à prévoir entre la baisse des contaminations et celle des admissions à l’hôpital.

Capture d'écran modélisation Institut Pasteur

Qui plus est, le ralentissement des hospitalisations et la baisse récente des contaminations pourraient, selon les modélisations de l’Institut Pasteur, s’expliquer par deux paramètres : la fréquentation des transports en commun et du lieu de résidence. La troisième mouture du confinement, d’abord appliquée à une poignée de départements puis élargie à tout le territoire depuis le week-end de Pâques, a mécaniquement réduit les déplacements et accru la pratique du télétravail, vivement encouragée par les autorités sanitaires. Ainsi, le graphique ci-dessous (à gauche) illustre d’abord une nette baisse de la fréquentation des transports en commun depuis fin mars-début avril.

Capture d'écran modélisation Institut Pasteur

À l’inverse, les Français occupent plus longtemps leur domicile (graphique de droite), pour télétravailler et/ou pour faire l’école à la maison, puisque tous les établissements scolaires ont fermé leurs portes. Enfin, à l’échelle nationale, le taux d’humidité a diminué ces derniers jours, ce qui a pu contribuer à la baisse des contaminations et au ralentissement des nouvelles admissions à l’hôpital pour Covid-19. Pour autant, l’impact de la météo sur la dynamique de l’épidémie reste “marginal” selon l’Institut Pasteur.

Vers une baisse des admissions à l’hôpital en Île-de-France, dans les Hauts-de-France et en Provence-Alpes-Côtes-d’Azur

Sans surprise, les territoires qui respirent un peu mieux aujourd’hui sont les premiers à avoir appliqué les nouvelles restrictions. Les prévisions de l’Institut Pasteur anticipent “une baisse des admissions à l'hôpital en Ile-de-France, Hauts-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur”, mais “des plateaux ou des hausses dans les autres régions métropolitaines”. Si en Île-de-France et Paca, le taux de croissance des nouvelles hospitalisations pour Covid-19 est presque nul, il est déjà négatif dans les Hauts-de-France. Cet indicateur est toujours positif et en progression dans les régions Grand-Est, Normandie, et Bretagne.

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Malgré des premiers résultats encourageants, la troisième vague n’est pas encore derrière nous, a averti ce mercredi 14 avril le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à l’issue du Conseil des ministres. "Le nombre de contaminations quotidiennes reste à des niveaux très élevés", et "le pic des hospitalisations n'a pas encore été atteint", a-t-il relevé. Et si des signaux positifs sont notables à l’échelle régionale ou départementale, la situation épidémique reste fragile, avec des “besoins en lits de soins critiques qui devraient continuer à augmenter” selon l’Institut Pasteur.

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