Covid : la pression monte pour écouler plus vite les vaccins AstraZeneca

Il y a 1 semaine 22

Enfin, la vaccination décolle . La semaine dernière, 2,7 millions de doses de vaccins contre le Covid ont été injectées en France, contre 2,5 millions les sept jours précédents et 3 millions sont attendues pour la semaine en cours. Avec 15,6 millions de primo-vaccinés lundi soir, l'objectif de 20 millions à la mi-mai paraît réaliste. Il doit être atteint grâce à l'accélération des livraisons, dont une « bosse » de plus de 5 millions de doses dans les arrivages cette semaine.

Tout irait pour le mieux, s'il n'y avait pas la pierre d'achoppement AstraZeneca. Ce vaccin mal-aimé ne s'écoule pas assez vite, alors qu'on a encore besoin de lui pour remplir les objectifs de vaccination. Dimanche dernier, 75 % des doses livrées par AstraZeneca avaient été injectées, contre plus de 90 % des Pfizer et 85 % des Moderna.

Et encore, ce taux d'utilisation est expurgé de la livraison exceptionnelle de 2 millions de doses d'AstraZeneca reçues ce week-end et qui vont être proposées aux professionnels de santé libéraux. Sans cela, il ne serait que de 53 %. Un ratio famélique qui recouvre un joli score en officine (90 %), des délais plus long en cabinet médical (75 %) et un faux départ pour les infirmiers (15 %).

Les lenteurs avec le vaccin AstraZeneca commencent à se voir à l'échelle européenne, notamment par rapport à l'Allemagne. Outre-Rhin, 28 % de la population est vaccinée, soit 5 points de plus qu'en France, alors que les deux pays étaient au même niveau le 13 avril. « La différence c'est AstraZeneca, c'est là qu'on a un vrai sujet », reconnaît-on au ministère de la Santé, où l'on ne perd pas espoir de retrouver « ces jours bénis où nous consommions 100.000 doses (d'AstraZeneca) par jour », contre 35.000 aujourd'hui.

« Sur les plus de 55 ans, la messe est dite »

Le taux d'utilisation d'AstraZeneca en Espagne « est supérieur à 90 % », « il n'y a pas de raison qu'on n'y arrive pas », a affirmé le ministre de la Santé, Olivier Véran, mardi sur Europe 1. Pas de raison… à part peut-être un plancher d'âge qui devient de plus en plus gênant au fur et à mesure que la vaccination des seniors progresse. Le gouvernement a demandé à la Haute Autorité de santé de le réexaminer en vue d'éventuellement le baisser. Depuis le 19 mars, le sérum d'AstraZeneca est réservé aux 55 ans et plus . Or, en admettant que 80 % des Français dans ces tranches d'âge soient volontaires pour la vaccination, il ne reste plus que 5 millions de personnes éligibles, et les vaccins à ARN messager vont être proposés mi-mai à tous les plus de 50 ans.

« Sur les plus de 55 ans, la messe est dite. On a fait le tour des personnes éligibles. Celles qui restent ne veulent pas d'AstraZeneca », assure Jacques Battistoni, le président du syndicat de généralistes MG France. Bien sûr, les médecins continuent à en commander , « parce qu'on arrive à la deuxième dose, et qu'il faut finir ce qu'on a commencé », poursuit-il.

Après ça, les libéraux veulent tourner la page et vacciner avec de l'ARN messager. Le vaccin Moderna est déjà distribué à titre expérimental dans les officines mosellanes. Pendant les trois dernières semaines de mai, 40.000 doses hebdomadaires seront envoyées dans des pharmacies situées là où prolifèrent des variants plus résistants au vaccin AstraZeneca. En juin, plus de 100.000 doses Moderna pourront être livrées chaque semaine aux pharmaciens, médecins et infirmiers.

Pas de limite d'âge dans certains länder, un seuil à 40 ans en Belgique

Le gouvernement a misé sur la bonne réputation des soignants de proximité pour écouler le vaccin AstraZeneca, et il lui a donné un coup de pouce en ouvrant la vaccination par paliers d'âge dès 55 ans contre 60 ans pour les autres vaccins. Mais ces artifices sont quasiment épuisés. Il ne reste plus guère que la piste du plancher d'âge pour relancer la machine.

L'Allemagne a trouvé une recette qui marche fort, en déchargeant de responsabilité pénale les vaccinateurs qui piqueraient hors indication : cela a créé un engouement chez de nombreux jeunes lassés d'attendre pour la vaccination dans certains länder. La Belgique a quant à elle abaissé l'âge recommandé à 40 ans. Dernière option : autoriser le rappel vaccinal via AstraZeneca des 500.000 moins de 55 ans qui en avaient déjà reçu une dose avant le 19 mars, mais cela reviendrait à se déjuger d'une décision précédente.

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