Pour la première fois, l’Union européenne bloque l’exportation de vaccins

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Avec l’appui de Bruxelles, l’Italie a stoppé le transfert de 250 000 doses d’AstraZeneca vers l’Australie. Pour ce faire, Rome a appliqué pour la première fois le mécanisme de contrôle des exportations introduit par la Commission le 30 janvier dernier.

Sommes-nous en train d’assister à la naissance d’un “nationalisme des vaccins” à l’échelle du Vieux Continent ? L’Italie, nous apprend La Repubblica, “a été le premier pays européen à bloquer l’export en dehors de l’UE d’un vaccin produit à l’intérieur des frontières communautaires”. Cette décision, selon les informations fournies par le quotidien romain, concernerait 250 000 doses du vaccin de l’entreprise britannico-suédoise AstraZeneca, produites à 70 kilomètres au sud de Rome, qui devaient prendre la direction de l’Australie.

“La décision a été notifiée par Rome à Bruxelles vendredi dernier et la Commission européenne ne s’est pas opposée, poursuit le média italien. Désormais le lot séquestré sera redistribué à l’intérieur de l’UE.”

Si cette information revêt une grande importance, c’est qu’elle s’inscrit dans un contexte de tensions liées au fait que l’UE ne dispose pas de suffisamment de doses en ce moment.

Un problème qui dérive en partie de la “défaillance” d’AstraZeneca, qui avait annoncé en janvier qu’elle réduirait ses fournitures de vaccins à l’Europe au premier trimestre “jusqu’à 70 %”, rappelle La Repubblica. Cette déclaration avait été suivie de vastes polémiques, puisque le Royaume-Uni n’avait pas subi le même traitement, et, in fine, “de la création d’un mécanisme de contrôle sur l’export lancé par la Commission le 30 janvier”, indique le quotidien romain. Ce mécanisme a donc été appliqué pour la première fois.

Risque “d’aggraver les tensions mondiales”

“Depuis janvier, détaille le média italien, un tiers des composants produits en Europe [nécessaires pour les vaccins] ont été exportés en dehors de l’UE, mais jusqu’ici, la centaine de demandes d’export avaient toutes reçu le feu vert des gouvernements et des institutions européennes.”

Pour la première fois, cela n’a pas été le cas. “Voilà une décision qui risque d’aggraver les tensions mondiales concernant l’achat de vaccins”, prévient, inquiet, le quotidien britannique The Guardian.

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