Mort d’Elisa Pilarski : son compagnon, propriétaire du chien Curtis, mis en examen

Il y a 1 mois 30

Les derniers actes d’instruction avaient établi que seul l’ADN de Curtis avait été retrouvé sur le corps de la jeune femme. Christophe Ellul, son propriétaire, est mis en examen «pour avoir involontairement causé la mort» de sa compagne. En cause notamment : ses méthodes de dressage.

Cristophe Ellul, le compagnon d'Elisa Pilarski et propriétaire du chien Curtis, lors d'une conférence de presse donnée à Bordeaux, le 10 novembre dernier. (Mehdi Fedouach/AFP)

par LIBERATION et AFP

Il s’agit de la première mise en examen dans ce dossier très médiatisé. Christophe Ellul, le compagnon d’Elisa Pilarski, cette jeune femme décédée des suites de morsures canines dans une forêt de l’Aisne fin 2019, a été mis en examen «pour avoir par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité […] involontairement causé la mort» de sa compagne, «résultant de l’agression commise par plusieurs chiens dont il était propriétaire ou gardien», a annoncé dans un communiqué le procureur de la République de Soissons, Julien Morino-Ros.

Celui qui avait pourtant clamé l’«innocence» de son chien Curtis a été laissé libre sous contrôle judiciaire avec l’interdiction d’entrer en contact avec les membres de la famille d’Elisa Pilarski, constituée partie civile. La jeune femme, âgée de 29 ans et enceinte, avait été retrouvée morte par son compagnon dans une forêt de l’Aisne, à Saint-Pierre d’Aigle le 16 novembre 2019, où elle promenait Curtis, à proximité d’une chasse à courre, après «une hémorragie consécutive à plusieurs morsures», selon l’autopsie.

Une longue bataille s’en était suivie autour des responsabilités présumées de la meute de la chasse à courre, incriminée par le compagnon d’Elisa Pilarski. Mais le ministère public avait désigné Curtis en novembre sur la foi des analyses ADN et examens des morsures menées. L’ADN de ce seul chien avait été retrouvé sur la jeune femme. Ces éléments «tendent à démontrer l’implication exclusive du chien Curtis dans les morsures ayant entraîné la mort» de la jeune femme, avait indiqué le procureur chargé par intérim du dossier, Eric Boussuge. «Aucune trace d’ADN provenant des 33 chiens de meute prélevés n’a été retrouvée» alors que «l’ADN de la victime est présente à partir de traces de sang prélevées en différents points de la gueule et de la tête du chien Curtis», avait précisé M. Boussuge.

«Dressage au mordant»

Si le chien Curtis semble avoir tué, son maître pourrait en être indirectement responsable. Selon le parquet, l’animal avait «fait l’objet d’un dressage au mordant, forme d’apprentissage interdite en France et pouvant relever d’actes de maltraitance animale», et «de nature à abolir toute capacité de contrôle ou de discernement» chez l’animal. Une version fermement contestée par le compagnon de la victime, qui a toujours clamé l’innocence de son chien, désigné par l’accusation comme un «American Pitbull Terrier, provenant d’un élevage des Pays-Bas et introduit illégalement en France par son acquéreur».

«Curtis est innocent. Il n’aurait jamais tué Elisa», avait assuré en novembre Christophe Ellul, désignant à nouveau comme responsable l’équipage de chasse. Il avait demandé une contre-expertise dans ce dossier, une requête rejetée en janvier par le juge d’instruction, décision contre laquelle il a fait appel.

«L’instruction va maintenant se poursuivre, étant précisé que des recours sont actuellement en cours devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Amiens, s’agissant de demandes d’actes formulées notamment par la famille de Mme Elisa Pilarski», précise Julien Moreno-Ros. Qui rappelle que «c’est à l’issue de l’information judiciaire qu’il sera décidé des suites qu’il conviendra de donner à cette affaire et de saisir ou non le tribunal correctionnel aux fins de jugement».

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