Même sur la deuxième dose, les Anglais vaccinent beaucoup plus vite que nous

Il y a 6 jours 16
vaccin Même sur la deuxième dose, les Anglais vaccinent beaucoup plus vite que nous
Capital

Depuis fin mars, le Royaume-Uni a largement rattrapé puis dépassé la France en matière de couverture vaccinale de la population avec deux doses du vaccin contre la Covid-19.

La France s’est-elle trompée de stratégie ? Alors que tout le territoire subit la troisième mouture du confinement, la campagne de vaccination peine encore à prendre son envol. Près de 40.000 nouveaux cas positifs détectés quotidiennement et seulement 14,2 % de la population a reçu au moins une première injection du vaccin contre la Covid-19 depuis le 27 décembre. Et à peine 4,8 % des Français sont totalement protégés contre le virus… Un scénario à des années-lumière de ce qui se produit de l’autre côté de la Manche. Le Premier ministre britannique Boris Johnson peut se targuer, contrairement à Jean Castex et Emmanuel Macron, d’avoir abaissé la courbe des contaminations en dessous des 5.000 cas quotidiens depuis fin mars. Mieux, en plus d’avoir primo-injecté 46 % de sa population, les Britanniques sont presque proportionnellement deux fois plus nombreux - 8,4 % - à être totalement vaccinés.

Certes, la comparaison des niveaux de primo-injections en France et au Royaume-Uni est biaisée puisque les Britanniques ont démarré leur campagne de vaccination contre la Covid-19 le 8 décembre, soit trois semaines avant les États-membres de l’Union européenne (UE). Reste que le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a opté pour une stratégie vaccinale différente de celle pratiquée outre-Manche, en maintenant les délais conseillés par les laboratoires entre les deux doses du vaccin. Soit 21 à 28 jours pour Pfizer et Moderna, et 9 à 12 semaines pour le produit d’AstraZeneca. C’est d’ailleurs pour cette raison que le taux d’utilisation du vaccin ARN messager de la biotech américaine Moderna n’est que de 60 %. Comme le laboratoire ne livre la France “que toutes les deux semaines, on est obligé de sécuriser des doses pour respecter les délais pour la deuxième injection”, explique-t-on du côté de l’avenue de Ségur.

À l’inverse, Boris Johnson a préféré mettre le paquet sur les premières injections et donc ne protéger que partiellement les Britanniques avant d’attaquer la phase du rappel du vaccin contre la Covid-19. On aurait donc pu espérer avoir un coup d’avance sur les Anglais… Mais si on les a légèrement devancés pendant un mois, ils nous ont vite rattrapé et dépassé depuis le 23 mars. À cette date, la France et le Royaume-Uni avaient chacun totalement vacciné 3,7 % de leur population. Depuis, le rythme des rappels s’est accéléré outre-Manche pour atteindre 8,4 % de couverture vaccinale avec deux doses là où les secondes injections ont quasiment stagné dans l’Hexagone. La couverture vaccinale des Français avec deux doses a péniblement grimpé jusqu’à 4,8 % au 6 avril. Ces faits ne sont pas si surprenants que ça. En voulant respecter à la lettre les protocoles des laboratoires, la stratégie vaccinale édictée par la Direction générale de la santé implique logiquement que certaines semaines soient plus largement dédiées à l’administration des premières doses, et d’autres à l’injection des rappels des vaccins.

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Débat des lecteurs

34 débatteurs en ligne34 en ligne

Faut-il rendre la vaccination contre la Covid-19 obligatoire ?

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Nous sommes en guerre contre la covid19, pour preuve les confinements et les couvre-feux. Il y a la transformation en continu du virus = variants en t ...Lire plus

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Et si il y a un accident grave, qui serait responsable si cette vaccination obligatoire ? Quand on voit lors de procès sur les désastres humains provo ...Lire plus

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