Lot-et-Garonne : un lac jugé illégal

Il y a 1 semaine 22

Va-t-on assister à l’épilogue d’un bras de fer administratif qui dure depuis plusieurs années ? La cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé que la construction du lac de Caussade était illégale. Une victoire pour les associations environnementales, qui dénoncent ce projet depuis des années, relatent France 3 et 20 Minutes. La cible de leur colère se situe à Pinel-Hauterive, dans le Lot-et-Garonne. En 2018, la Chambre d’agriculture du département a fait creuser cette retenue d’eau d’une capacité de 920.000 de m3 d’eau, afin de pouvoir irriguer les exploitations agricoles.

Interrogée dans Le Monde en janvier dernier, Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, avait décrit le lac de Caussade, “illégal” selon elle, comme “l’exemple emblématique de ce qu’il ne faut plus faire, à savoir construire d’abord et réfléchir ensuite au partage de l’eau”. Sa construction a d’abord été autorisée par la préfecture, qui est ensuite revenue sur sa décision sans pouvoir la faire respecter. Le tribunal administratif avait validé l’annulation de l’autorisation du lac de Caussade en mars 2019. Une décision confirmée en appel mardi 23 février.

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La destruction du barrage attendue

“Le projet de retenue d’eau dite "de Caussade" n’est pas compatible avec les objectifs et orientations du SDAGE (schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux)”, selon l’instance. Pour avoir réalisé le chantier sans autorisation, Serge Bousquet-Cassagne, président de la Chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne et Patrick Franken, son vice-président, ont quant à eux été condamnés à respectivement neuf et huit mois de prison. Ils ont décidé de faire appel : leur procès est prévu en mai prochain.

“Désormais, on attend que les pouvoirs publics fassent respecter ces décisions de justice, que ce site soit remis en état, que le barrage soit détruit”, explique à France 3 Lionel Feuillas, co-président de la Sepanlog 47, une association de protection de la nature. “Mais après ce que l’on espère, c'est qu'on puisse mettre en place un projet de territoire avec tous les acteurs pour repartir sur de bonnes bases et trouver de l’eau en été en s’appuyant sur autre chose que les retenues d’eau qui ne sont pas les meilleures solutions”, ajoute-t-il.

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