Le Maroc coupe les ponts avec l’Allemagne

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Diplomatie.
Angela Merkel rencontre le ministre des Affaires étrangères marocain à Berlin, le 19 novembre 2019. EMMANUELE CONTINI / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Depuis le 1er mars, le Maroc a gelé ses relations diplomatiques avec l’Allemagne. En cause : la position de Berlin sur le dossier brûlant du Sahara occidental, mais aussi une diplomatie jugée arrogante depuis plusieurs mois. Pour la presse marocaine, cette rupture était inévitable.

“Est-ce le début d’une crise diplomatique entre le Maroc et l’Allemagne ou un simple orage d’été?” s’interroge le site d’information Maroc Hebdo. Depuis le 1er mars, les relations entre Rabat et Berlin ne sont pas au beau fixe. Le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a adressé un courrier au chef du gouvernement dans lequel il annonce la suspension des relations avec l’Allemagne. En évoquant des “malentendus profonds” entre les deux pays, le gouvernement, bien qu’évasif, a donné le ton.

Pour la presse marocaine, qui s’est fait l’écho de cette affaire, il faut lire entre les lignes. La position de l’Allemagne sur le dossier du Sahara occidental cristallise les tensions. Elle avait critiqué la position américaine de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le territoire disputé. Cette réaction, couplée à un refus de se positionner officiellement et au nom de l’Europe sur le dossier, est vécue comme une menace pour l’intégrité territoriale du royaume.

“Un double jeu”, rapporte le site marocain, “une offense diplomatique”, surenchérit le 360. La posture de Berlin vis-à-vis du Sahara Occidental ne passe pas :

Sur le plan de la coopération, la première puissance économique européenne se donne à fond. En revanche, sur le plan politique, elle endosse un autre habit, celui d’un pays qui ne ménage rien pour saboter les efforts du royaume dans des dossiers considérés comme des causes nationales.”

Signes avant-coureurs

Une telle crispation diplomatique n’a rien de soudain ni d’anodin. Cette affaire était la frustration de trop, alors que les différends entre les deux pays s’accumulent. Un an plus tôt, Rabat s’était estimée lésée, lorsqu’elle avait été écartée des négociations sur l’avenir de la Libye organisée à Berlin. Bien souvent, l’Allemagne semble fixer elle-même les règles du jeu. Une posture “inconstante, voire arrogante sur le plan politique”, que déplore le journal marocain l’Économiste.

Cette rupture de contact nette est aussi un silence qui en dit long. Pour l’Allemagne, il est grand temps de réviser ses relations avec le royaume marocain, prévient le quotidien.

Pauline Le Troquier

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