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Malgré la répression qui sévit de l’autre côté de sa frontière, New Delhi considère que les réfugiés qui arrivent dans les Etats du nord-est sont des migrants illégaux.

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A la frontière entre la Birmanie et l’Inde, dans le Mizoram, le 20 mars 2021. A la frontière entre la Birmanie et l’Inde, dans le Mizoram, le 20 mars 2021.

L’Inde ne veut pas des réfugiés birmans sur son territoire qu’elle considère comme des migrants « illégaux », malgré le drame qui se joue de l’autre côté de la frontière. Depuis le coup d’Etat militaire du 1er février, qui a renversé de fait la chef du gouvernement civil, Aung San Suu Kyi, environ 3 000 Birmans, dont des policiers et leur famille, refusant d’obéir à l’ordre de tirer sur les militants, auraient fui la répression de la junte vers le Mizoram et les trois autres Etats indiens frontaliers avec la Birmanie – le Manipur, le Nagaland et l’Arunachal Pradesh. La plupart sont hébergés dans des villages et reçoivent de l’aide des habitants et des ONG locales. La Birmanie demande aux autorités indiennes de les expulser. Les deux pays partagent 1 643 kilomètres de frontière.

Le ministre indien de l’intérieur, Amit Shah, a écrit le 10 mars aux responsables des Etats du nord-est de l’Inde pour leur demander de prendre les mesures appropriées, de contrôler « l’afflux illégal » de Birmans en Inde, d’identifier les migrants et de lancer les processus d’expulsion sans délai.

Dans le nord-est du pays, la position du gouvernement de Narendra Modi suscite la colère des habitants qui appartiennent souvent à la même ethnie que les réfugiés, partagent la même religion, le christianisme, et le même dialecte. Le chef du gouvernement du Mizoram, Pu Zoramthanga, représentant d’un parti qui défend la communauté Mizo, plaide pour l’accueil et l’aide aux Birmans et juge la communication du ministère de l’intérieur inacceptable. Il a envoyé, le 18 mars, une lettre au premier ministre Narendra Modi.

Un « rôle équilibré et constructif »

« Le Mizoram, s’émeut-il, ne peut pas rester indifférent à leurs souffrances, l’Inde ne peut pas fermer les yeux sur cette crise humanitaire qui se déroule sous nos yeux, dans notre propre arrière-cour. » Il a exhorté le gouvernement à modifier sa politique étrangère, fournir de la nourriture et un abri aux réfugiés. « Je n’en connais pas le nombre exact. Mais ils sont nos frères et nos sœurs », a t-il déclaré à la presse.

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New Delhi maintient une position d’équilibriste vis-à-vis de la Birmanie, tiraillé entre sa volonté de ne pas couper les ponts avec Naypyidaw et celle de ne pas réveiller les tensions dans le nord-est. Depuis les années 1990, elle s’appuie en effet sur les généraux du Rangoon pour lutter contre les mouvements insurrectionnels séparatistes et indépendantistes dans cette région. D’un autre côté, New Delhi redoute que cette coopération ne redonne du souffle aux insurrections anti-indiennes dans le nord-est.

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