En Arabie saoudite et dans le monde arabe, on avance doucement

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Les femmes se font progressivement leur place dans les sociétés conservatrices des pays arabes, se félicite le quotidien Asharq Al-Awsat à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Mais le chemin est encore long.

“La femme écrit l’avenir.” À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le quotidien panarabe Asharq Al-Awsat consacre son édition du 8 mars à la place des femmes en Arabie saoudite et, plus largement, dans le monde arabe, où la situation évolue lentement.

“Nos sociétés [arabes] ne pourront pas réaliser le grand bond en avant que nous espérons si la femme arabe ne prend pas les devants pour écrire son avenir”, écrit Asharq Al-Awsat. “Les doutes sur la place naturelle de la femme dans le progrès de la société et la construction d’une économie prospère sont révolus”, poursuit le quotidien, saluant le fait que “la femme arabe a su se distinguer dans les universités, les laboratoires, ainsi que dans les mondes de la finance et du travail”.

Selon le dernier rapport 2020 sur l’inégalité des sexes publié par le Forum économique mondial, les régions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord sont les moins bien loties du monde. Selon cette étude, à ce rythme, il faudrait environ cent cinquante ans pour aboutir à une égalité des sexes.

“Réformes sans précédent”

L’Arabie saoudite a récemment multiplié les décisions en faveur des femmes dans ce pays qui applique une version rigoriste de l’islam. Depuis trois ans, elles peuvent, par exemple, assister à des concerts ou à des matchs de football.

Citant notamment l’autorisation donnée aux femmes en 2017 de conduire et en 2019 de voyager sans l’accord d’un tuteur masculin, Asharq Al-Awsat titre fièrement en page intérieure :

Réformes sans précédent pour les Saoudiennes durant ces cinq dernières années.”

Illustration de cette intégration des Saoudiennes dans la société, le numéro trois du Conseil de la Choura, l’équivalent du Parlement, est une femme, Hanan Al-Ahmadi. “Le fait que les femmes obtiennent des postes à responsabilité n’est pas qu’un symbole”, dit-elle dans une longue interview accordée au journal panarabe.

Dans ce contexte, le quotidien saoudien édité à Londres fait l’éloge du programme de réformes économiques et sociales baptisé “Plan vision 2030” porté depuis 2016 par le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane (MBS). Le programme “a permis à la femme de jouer tout son rôle en Arabie saoudite”, écrit le journal, rarement critique de MBS.

Tribunes

Dans son numéro du jour, Asharq Al-Awsat ouvre, plus largement, l’ensemble de ces pages à toute une série de tribunes signées de femmes venues de différents pays du monde arabe et de différents horizons.

Ainsi, le journal donne la parole à Manale bint Mohammed Al-Maktoum, l’une des filles de l’émir de Dubaï, qui préside notamment le Conseil d’équilibre entre les sexes, appelant les femmes arabes à “profiter des occasions pour se distinguer”. L’une de ses sœurs, la princesse Latifa, disparue depuis 2018, affirme être retenue captive sur ordre de son père, selon des vidéos révélées en février.

Le quotidien ouvre également ses pages à la ministre soudanaise des Affaires étrangères, Mariam Al-Mahdi, qui explique que la révolution au Soudan, qui a permis de déboulonner Omar Al-Bachir en 2019, a “libéré la femme soudanaise”.

Sur un autre plan, Asharq Al-Awsat évoque la place de la femme dans les sciences, la médecine ou l’art dans le monde arabe, mais aussi dans le journalisme. Ainsi, le quotidien consacre un article sur les pionnières libanaises qui ont “ouvert la voie aux journaux féminins dans le monde arabe”.

Malgré cela, les femmes dans le monde arabe “jouissent de droits élémentaires limités”, indique le Forum économique mondial, en ce qui concerne notamment les questions liées au divorce, à l’héritage, à l’accès à la justice ou à la liberté de mouvement.

Source

“Le Moyen-Orient” se présente comme le “quotidien international des Arabes”. Édité par Saudi Research and Marketing, il se veut pro-occidental, prosaoudien, et combat le radicalisme islamiste, même si plusieurs de ses journalistes affichent

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