En Algérie, le réveil du Hirak pour son deuxième anniversaire

Il y a 1 semaine 16

Des milliers de manifestants ont défilé lundi à Alger et dans d’autres villes du pays, à l’occasion du deuxième anniversaire du soulèvement.

Après “une halte”, au printemps 2020 pour cause de Covid-19, le Hirak était-il “mort, emporté lui aussi par la pandémie ?”s’interrogeait Tout sur l’Algérie (TSA) en amont des manifestations prévues lundi 22 février pour le deuxième anniversaire du soulèvement. Ou bien pouvait-il “rebondir”comme l’écrivait Algérie Focus ?  

Pour TSA, cette journée dédiée à commémorer l’an II du mouvement a bien sonné le retour des manifestations de rue. Des dizaines de milliers de personnes, “au moins”, ont participé à cette marche, que le site d’information qualifie de “succès”. Et ce alors qu’elle se déroulait “un lundi, jour ouvrable”, qu’il pleuvait, et sur fond de coronavirus toujours présent, souligne un jeune manifestant interrogé pour les besoins de l’article. “Ce ne sont pas les millions des premières marches de février-mars 2019, du 5 juillet ou du 1er novembre de la même année, mais il est certain qu’il y a plus de monde que lors du creux du mouvement pendant l’été 2019”, évalue TSA.

“Comme si le temps s’était figé”

À travers le pays, les manifestants ont scandé le slogan “Silmiya… Silmiya” pour confirmer leur attachement au caractère pacifique de la marche qui s’est déroulée dans le calme, rapporte El Moudjahid. 

À Alger, de nombreux manifestants ont investi à partir de midi ​la Grande-Poste, lieu de rassemblement emblématique du Hirak, et la place Maurice-Audin, “drapés de l’emblème national, brandissant pancartes, banderoles et posters, pour marquer leur détermination au maintien des revendications, en lançant des youyous”, raconte le journal.

Dans la foule, où flottent aussi quelques drapeaux amazighs (berbères), TSA a de son côté vu “beaucoup de jeunes et de femmes, des enfants en bas âge”. Pour le site, la scène “sent l’improvisation et la spontanéité, comme il y a deux ans”, et a des airs de déjà-vu : 

Les jeunes, par groupes, chantent des refrains bien connus. Des slogans aussi. ‘Nous ne sommes pas ici pour faire la fête, mais pour vous faire partir’, ‘État civil et non militaire’, ‘Tebboune illégitime’, ‘Changement radical’, ‘Justice indépendante’… Tout autour, des policiers placides et leurs engins d’acier. Comme si le temps s’était figé depuis le printemps dernier. Il y a bien remake, mais du scénario du 22 février 2019 et des 54 vendredis qui ont suivi.” 

“Seule fausse note”, estime TSA, beaucoup de manifestants n’ont pas de masque pour se protéger du coronavirus. 

Plusieurs manifestants arrêtés

Des manifestations ont aussi eu lieu dans d’autres grandes villes comme Sidi Bel-Abbès, Tizi Ouzou, Sétif, Constantine ou Béjaïa, relate El Moudajhid. Selon le quotidien, “aucun incident majeur n’a été enregistré” dans le pays, et “les policiers fortement déployés ont fait preuve de maîtrise et de professionnalisme.”

Algérie Focus nuance quelque peu ce bilan. Selon un communiqué du Comité national pour la libération des détenus (CNLD), relayé par le site, l’opposant Rachid Nekkaz, qui avait été libéré de prison trois jours plus tôt, a été arrêté dans l’après-midi à Mostaganem. Et plusieurs manifestants ont été arrêtés à Alger et dans d’autres wilayas (préfectures) notamment à Tiaret, à Tébessa, à Msila, et aussi à Oran, selon le CNLD. Par ailleurs, Amnesty international a dénoncé, dans un communiqué publié lundi à l’occasion du deuxième anniversaire du Hirak, les arrestations arbitraires en Algérie. L’ONG critique “une stratégie délibérée des autorités algériennes visant à écraser la dissidence” ces deux dernières années, malgré le caractère pacifique des marches.

Et maintenant ? “On se perd dans les analyses, les prédictions, les propositions, mais on est d’accord sur l’essentiel : Alger a bien renoué avec les grandes manifestations de rue et le Hirak n’a jamais quitté l’esprit des Algériens”, constate TSA.

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