Au Nicaragua, une loi pour verrouiller les élections contre les “traîtres à la patrie”

Il y a 3 mois 26
Pouvoir.
Le dirigeant nicaraguayen Daniel Ortega (à gauche), lors d’une cérémonie officielle à Managua (Nicaragua), en février 2020. PHOTOS / REUTERS / OSWALDO RIVAS

Le régime sandiniste de Daniel Ortega s’éloigne un peu plus des systèmes démocratiques, juge une partie de la presse nicaraguayenne et internationale. Les députés du parti au pouvoir ont adopté une loi qui restreint l’éligibilité des opposants aux élections présidentielle et législatives prévues en 2021.

En pleines vacances parlementaires, l’Assemblée nationale nicaraguayenne s’est réunie en urgence, le lundi 21 décembre, pour valider le projet de loi de défense des droits du peuple à l’indépendance, à la souveraineté et à l’autodétermination pour la paix. Le texte anéantit toute “concurrence politique” aux élections présidentielle et législatives prévues en novembre 2021, rapporte le journal nicaraguayen Confidencial.

Grâce à cette loi votée par la majorité sandiniste, fidèle au dirigeant Daniel Ortega, les citoyens “qui demandent ou soutiennent des contestations sociales ou les sanctions internationales contre le régime sandiniste se rendront coupables d’actes assimilables à un coup d’État”, note El País. “Considérés comme des traîtres à la patrie, ils ne pourront briguer aucune fonction soumise aux suffrages populaires”, stipule le texte. Une qualification sanctionnée par des peines allant jusqu’à quinze ans de prison, souligne le site d’information argentin Infobae.

L’annonce achève d’enterrer les espoirs d’une issue démocratique à la crise ouverte dans le pays depuis 2018. Elle est la dernière-née d’une série de textes votés en 2020 pour museler la dissidence et les médias.

Une loi “inconstitutionnelle”

Face à ce nouveau symptôme de la dérive

[...]

Serge Hastom

Cet article est réservé aux abonnés

Pour lire les 75% restants

Lire la Suite de l'Article